Le coup de foudre d’Aaron Sorkin


« C’était un de ces vendredis soirs où vous avez l’impression que tout le monde a été invité à une soirée sauf vous. »

Eclairs dans le ciel

 « J’étais à sec, la télé en panne, je n’avais plus qu’un bout de papier et cette machine [à écrire] pour m’occuper. Je m’assis devant et j’écrivis de 21 heures à midi le lendemain. Ce fut un véritable coup de foudre. »

Je suis dans mon canapé en train de relire L’élément, de Ken Robinson, quand je tombe sur ces phrases d’Aaron Sorkin. J’adore les histoires d’écrivains, qu’ils soient romanciers, poètes ou scénaristes. Le processus d’écriture me fascine, et là, ça tombe bien, Ken Robinson pose des questions à Sorkin sur sa façon de travailler.

Un petit point d’abord pour présenter l’homme… Avez-vous vu Des hommes d’honneur, The social network ou Steve Jobs ? Ou encore la série télé À la maison blanche ? Et bien Aaron Sorkin en est le scénariste.

Ken Robinson lui demande alors ce qu’il ressent quand il écrit et voici ce que Sorkin répond :

« Je ne sais pas pour les autres écrivains, mais moi je fonctionne comme un interrupteur. C’est tout ou rien.

Quand j’ai l’impression que tout ce que j’écris est bon, tout se passe bien dans ma vie et les désagréments deviennent parfaitement gérables. En revanche, quand l’écriture ne va pas, Miss America pourrait me tendre le prix Nobel en petite tenue, ça ne me ferait pas le moindre plaisir. […]

Quand ça ne marche pas, je laisse mon travail de côté et j’essaie à nouveau le lendemain ou le surlendemain. J’ai un truc, je pars faire un tour en voiture avec de la musique. »

Chaque écrivain a sa façon de gérer le syndrome de la page blanche (writer’s block) et je trouve celle d’Aaron Sorkin plutôt originale, tout en sensations. Il ajoute : « je choisis un endroit où je n’ai pas trop besoin de penser à la conduite, sur une autoroute par exemple, où je n’ai pas à m’arrêter aux feux rouges ou à changer de direction ». Comme s’il passait en mode automatique.

Avant d’être scénariste, Aaron Sorkin était acteur. Cela se voit dans sa manière de travailler tel qu’il le confie à Ken Robinson :

« L’écriture est une activité extrêmement physique pour moi. Je joue tous les rôles, je n’arrête pas de me lever et de me rasseoir à mon bureau, de marcher. Quand ça fonctionne bien, je me rends compte que j’ai fait dix fois le tour de la maison, bien loin de mon clavier. Autrement dit, j’ai écrit sans écrire. Ensuite il faut que j’en revienne où j’étais sur la page et que je fasse attention de bien taper ce que je viens de jouer. »

Sorkin ne couche donc pas directement ses dialogues sur le papier. Il a une façon très physique de préparer son texte. Il lui est même arrivé de se casser le nez !

« J’aurais aimé pouvoir dire que ça a eu lieu au cœur d’une bagarre, dans un bar , mais je l’ai fait en écrivant. »

Ken Robinson pense que si on est absorbé dans une activité comme peut l’être Sorkin avec l’écriture, il est probable que l’on ait trouvé son « Élément ».

« Vous commencez à faire une chose que vous aimez et le reste du monde disparaît. »

Si vous voulez creuser le sujet, commencez par visionner la conférence TED « Ken Robinson nous dit en quoi l’école tue la créativité ».

Puis plongez-vous dans le bouquin !

Et si vous voulez en savoir plus sur la façon de travailler d’Aaron Sorkin, allez jeter un œil sur l’excellent blog de Nathalie Lenoir. Elle y présente notamment le bureau du célèbre scénariste, et un décryptage de son travail sur le film The Social Network, passionnant.

Bonne lecture, bonne écriture ! Faites attention à votre nez ! 😉

Léa

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